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Les Pays-Bas, un maillon essentiel du secteur high-tech mondial

A l’intérieur d’un laboratoire d’ASML où ils utilisent la « lumière ultraviolette extrême » (EUV) 

 

Vous l’avez peut-être lu ou entendu, l’entreprise ASML se retrouve tel un pion sur l’échiquier mondial. Cette entreprise néerlandaise est un maillon essentiel du secteur high-tech. C’est le leader mondial de fabrication de machines pour l’industrie des semi-conducteurs. ASML est la seule entreprise au monde à utiliser la lumière "ultraviolette extrême" (EUV), nécessaire pour fabriquer les toutes dernières puces électroniques. Le gouvernement néerlandais, sous pression des États-Unis d’un côté et de la Chine de l’autre, a décidé de ne pas donner de licence d’exportation vers la Chine à l’entreprise par peur d’espionnage industriel, cette technologie pouvant être utilisée dans de multiples secteurs dont l’industrie de l’armement.  

Ce cas géopolitique montre, s’il le faut, à quel point le savoir-faire néerlandais en matière de technologies de pointe est développé. Mais ASML n’est qu’un exemple parmi d’autres. En effet, d’autres entreprises comme Philips (€ 42,3 milliards), Adyen (€ 20,9 milliards), Booking.com (€ 90,0 milliards) ou encore NXP Semiconductors (€ 44,0 milliards) sont des géants européens du secteur. On lamente souvent l’absence de grands groupes européens qui peuvent rivaliser avec les GAFAM étasuniens ou BATX chinois, valorisés à des centaines de milliards d’euros. Toutefois, nous pouvons remarquer que l’Europe, plus précisément les Pays-Bas, se positionnent bien sur les marchés de niche du secteur high-tech. 

 

Un climat entrepreneurial favorable à l’innovation et la recherche et développement 

Les Pays-Bas sont particulièrement bien disposés pour accueillir et faire éclore de telles entreprises. À noter premièrement que des clusters et des centres de recherche et développement de classe mondiale existent. C’est, par exemple, dans la ville d’Eindhoven dans le sud du pays, que les entreprises ASML, NXP Semiconductors et Philips ont été fondées. Le High-Tech Campus d’Eindhoven, un espace qui rassemble des investisseurs, entrepreneurs, pouvoirs publics et chercheurs, a été nommé le km2 le plus intelligent du monde. Ce campus regroupe plus de 10 000 employés et chercheurs ainsi que plus de 100 entreprises et institutions tel TomTom, membre de la CCI France Pays-Bas, qui y développe des systèmes innovants pour l'industrie automobile, tels que des logiciels de navigation pour la conduite autonome

La nanotechnologie ou encore la technologie quantique ont pignon sur rue aux Pays-Bas et attirent des investissements massifs.  En juin 2019, il a été annoncé qu’au cours des prochaines années les Pays-Bas vont investir 135 millions d'euros dans QuTech, l'institut de technologie quantique qui vise à développer les éléments constitutifs du premier ordinateur quantique. La nanotechnologie a, quant à elle, un consortium dédié NanoNextNL qui dispose de plus de 250 millions d’euros pour favoriser la recherche et le développement de la dite technologie ainsi que la collaboration entre instituts, entreprises, laboratoires et centres médicaux.  

 

Un secteur qui attire des entreprises du monde entier 

Les solutions proposées par le secteur High Tech sont diverses et variées. L’application de nanotechnologie peut aider le secteur médical à sauver des vies. L’utilisation de nouvelles matières intelligentes peut faciliter le secteur de la construction. La technologie quantique permet de faire des calculs et des prévisions toujours plus précis et en grand volume. Le développement de nouveaux capteurs et de l’intelligence artificielle ouvre la voie au « truck platooning » et, à plus ou moins long terme, à la conduite autonome.  

C’est ainsi que des géants mondiaux de la haute-technologie comme Intel, IBM, Airbus, Boeing, Fujifilm, Bombardier, Tesla, Canon, Bosch, Texas Instruments, Alten et encore bien plus, ont une part de leurs activités aux Pays-Bas.  

 

 

Il est certain que les Pays-Bas occupent une position d’avant-garde au niveau européen concernant la high-tech. Toutefois, la maîtrise des technologies et de l'industrie de pointe est de plus en plus au centre de rivalités géopolitiques. Les États-Unis et la Chine affirment à cet égard leurs volontés d’être les maitres du jeu dans ce secteur. Les événements entourant ASML ou encore la 5G, pour ne citer que deux exemples, placent les Pays-Bas et l'UE dans une position difficile. Doivent-ils choisir entre les Etats-Unis ou la Chine ? Ou l'Europe est-elle capable de déterminer elle-même les règles du jeu ? C’est avec prudence et un léger optimisme que nous pouvons voir émerger des appels à l’indépendance technologique de l’Europe qui pourraient renforcer les coopérations intracommunautaires dans ce domaine clé. Dans tous les cas, les Pays-Bas seront là pour en cueillir les fruits et sont prêts à jouer un rôle déterminant au sein de l’Europe de la Haute Technologie. 

 

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