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Les ambitions décarbonnées d'Amsterdam exigent des investissements majeurs

D’ici 2050, Amsterdam sera une ville dite « 0 énergie fossile ». Un objectif atteignable si le réseau électrique s’adapte aux nombreux enjeux posés par la transition énergétique qui réclament des millions d’euros d’investissements dans les infrastructures actuelles. La hausse de la demande de consommation des ménages, et la gestion de la production d’énergie sont des problématiques plus que d’actualité. Des questions auxquelles le groupe énergétique Alliander, un des acteurs majeurs du secteur de l’énergie aux Pays-Bas, est directement confronté.


C’est officiel, la municipalité d’Amsterdam devrait être « 0 énergie fossile » d’ici 2050, et c’est une excellente nouvelle. Le remplacement du gaz par l’électricité décarbonée permettra en effet de réduire les émissions de CO2, autrement dit, de lutter directement contre le réchauffement climatique.

C’est donc l’heure du changement mais également des questions qui en découlent. Quelles conséquences cette politique aura-t-elle sur le réseau électrique local ? Les infrastructures nécessaires à la réalisation de ce projet ambitieux pourront-elles être mises en place dans le temps imparti ?

Nos besoins en électricité augmentent

Selon Peter Hofland (responsable de la communication chez Alliander) les conséquences de la transition énergétique sont sous-estimées : nos besoins en électricité augmentent de façon exponentielle.

Dans les quartiers où huit transformateurs sont nécessaires à l’heure actuelle, il en faudra plus du double en 2040 pour répondre à tous les besoins supplémentaires à l’instar de la smart mobility et des besoins en électro-ménagers. Par ailleurs, il y a les besoins en électricité des entreprises et des centres de données, ces derniers étant au cœur même de la stratégie de développement de l’industrie tech Amstellodamoise et qui a des besoins en électricité équivalent à une ville de taille moyenne.

Même les solutions alternatives au gaz telles que les réseaux de chaleur, qui permettent de distribuer la chaleur des sites industriels et centres de données, nécessitent des pompes d’alimentation du réseau qui fonctionnent à l’électricité.

L'apparition de nouveaux impératifs

En plus d’une augmentation des besoins en électricité des ménages et entreprises, le réseau électrique va devoir s’adapter au vu des objectifs à atteindre :

- 2030, indépendance d’Amsterdam vis-à-vis du gaz naturel

- 2040, neutralité climatique de la ville.

Ceci alors que les besoins d’expansion de la ville nécessitent la construction de 50.000 logements supplémentaires d’ici à 2025. À titre indicatif, pour les 6300 domiciles du nouveau quartier de Sluisbuurt sur Zeeburgeiland, 19 transformateurs sont prévus. Or, en prenant en compte les développements actuels, il en faudra en réalité au minimum 28 au moment de la livraison de ces nouveaux logements.

La gestion de l'énergie produite

La transition énergétique pose la problématique de l’adaptation de la production à la consommation, mais également celle de la gestion de l’électricité produite.  Le réseau des câbles d’Alliander subit en effet des pressions liées entre autres à la multiplication des panneaux solaires sur les toits amstellodamois. Il est nécessaire d’assurer une meilleure distribution de l’énergie au sein du réseau, et cela se révèle complexe.

Amsterdam compte aujourd’hui 25 sous-stations qui transforment la haute tension en moyenne tension. La capacité de 7 de ces stations doit être augmentée avant 2025, des travaux sont actuellement prévus pour seulement 3 d’entre elles. Il y a urgence car il a fallu 8 ans et 17 millions d’euros pour construire la dernière station construite dans le quartier de Watergraafsmeer. Par ailleurs, la station prévue pour alimenter les centres de données du hub du Science Park a déjà un problème car sa capacité doit être augmentée de façon conséquente. Le ban récent sur la construction de nouveaux centres de données sur la région Amsterdam Harlemmemeer ne change rien au problème de capacité actuelle.

Un réseau d'excellence qui commence à clignoter

Selon Hofland, le réseau néerlandais est actuellement l’un des plus fiable puisque la quasi-intégralité du réseau est dupliquée ce qui permet en cas de défaillance ou de besoin d’entretien, de pouvoir intervenir sans couper la livraison d’électricité. Or, la pression actuelle sur le réseau électrique risque de rendre récurrent les désagréments tels que les coupures d’électricité liées à la canicule du début de l’été. Pour prévenir cela, des investissements immédiats doivent être engagés.

 


https://www.parool.nl/amsterdam/netwerkbedrijf-alliander-stad-is-hard-op-weg-naar-een-stroominfarct~b74c497c/

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