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Le vélo, une solution de transport durable en toutes circonstances : l’exemple néerlandais

La crise sanitaire a catapulté la “petite reine” au-devant de la scène. Des villes comme Paris, Berlin, Milan, Athènes et autres accélèrent le déploiement de pistes cyclables. Ce mode de transport à la fois économe, écologique, bon pour la santé et parfois plus rapide que les transports en commun ou la voiture, permet de se déplacer en respectant la distanciation sociale et en évitant des espaces renfermés. La France, l’autre pays du vélo, sait aussi penser le futur des déplacements urbains. Même sans pétrole on a des idées nous disait-on dans les années 70 du siècle dernier et ces idées, quand elles sont de qualité et au prix juste, sauront conquérir le marché néerlandais. 

Les Pays-Bas avec ses 1,3 vélos par habitant est le pays vers lequel nos voisins européens peuvent se tourner pour réussir la mise en place de leurs nouvelles politiques urbaines. C’est ce que nous abordons dans cet article.  
 

Les Pays-Bas sont le pays du vélo

Vous l’avez sûrement déjà vu, des pelletons de cyclistes qui arpentent les rues des Pays-Bas. Ce n’est pas la voiture,  le piéton ou le bus, mais bel et bien le vélo qui est le roi du transport dans ce pays qui priorise et développe cette solution depuis les années 1970. Mais bien avant cela le vélo était déjà dans l’esprit des Français lié à ce pays. Si le, vélo s’appelle « la petite reine », c’est à cause d’une reine des Pays-Bas, grande amatrice de vélo ! En 1890, Wilhelmine, âgée de 10 ans à peine, succède à Guillaume III. La souveraine prend l’habitude de circuler à vélo dans son royaume. La presse française salue cette « petite reine à bicyclette », notamment lors de sa visite en 1898.  Aujourd’hui les chiffres parlent d’eux-mêmes : 36% des personnes aux Pays-Bas disent prendre le vélo quotidiennement et il y a 23 millions de vélos pour une population de 17 millions. L’expertise que les Néerlandais ont développée au cours des dernières décennies en matière de fabrication et d’infrastructure présente ainsi des opportunités commerciales. 

Même si le vélo date de 1817, cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas continuer à innover. Le vélo électrique en est un bon exemple puisque la part de marché de ces derniers ne cesse de croitre. Ils permettent de parcourir de plus grandes distances, ils sont très populaires chez les personnes d’un certain âge mais aussi chez les professionnels du tertiaire qui peuvent ainsi se rendre au travail sans se préoccuper de questions d’hygiène. En 2019, 420 000 nouveaux vélos électriques ont été vendus aux Pays-Bas, un record, soit 2,6 % de plus qu'en 2018. Les ventes totales de nouveaux vélos ont atteint un nouveau record de 1,252 milliard d'euros en 2019. Entre-temps, près de 70 % du chiffre d'affaires total du marché est réalisé grâce à la vente de vélos électriques. 

Nous pouvons aussi noter l'avènement des vélos de prêt et de location. En particulier dans les grandes villes aux Pays-Bas, de plus en plus de vélos roulent avec un pneu avant bleu, signe distinctif de la marque Swapfiets. Cette société a été fondée en 2014 par un groupe d'étudiants de l'université de Delft. Ce service de location de vélos est disponible dans près de 70 villes aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et au Danemark. Les avantages de Swapfiets sont nombreux : vélo personnel, prix avantageux, assurance vélo incluse, réparations prises en charge le jour même, etc. Ce service est en ligne avec le développement de « l’économie d'abonnement » et répond à la demande des consommateurs d’externaliser les risques qu’apporte la propriété privée.  
 

Des tendances intéressantes pour les entreprises françaises

Les marques françaises de vélo comme Peugeot sont encore populaires aux Pays-Bas, pour les jeunes générations un Peugeot « vintage » est très apprécié. Les nouvelles marques de vélo de course comme Victoire, Grade9 ou Caminade sont tout autant appréciées. La France l’autre pays du vélo sait aussi penser le futur du vélo et les entrepreneurs hexagonaux ont leur carte à jouer sur ce marché. 

Le futur du vélo est prometteur et pas qu’aux Pays-Bas. La France a depuis plusieurs années redirigé sa politique d’aménagement urbain pour développer l’infrastructure cycliste. Pistes cyclables, vélos libres-services et bien plus créent les conditions qui poussent les habitants de beaucoup de villes françaises à utiliser ce mode transport au lieu de la voiture et des transports en commun. Ainsi des opportunités commerciales existent en matière d’aménagement des infrastructures pour vélo, mais aussi concernant la fabrication de ces derniers.  

Ce réaménagement des villes veut aussi dire qu’il y a soudain un intérêt fort pour l’expertise dans l’infrastructure cycliste. Les entreprises françaises pouvant nouer ou ayant des relations avec des acteurs clés Néerlandais de ce domaine se trouvent alors en position privilégiée pour répondre aux appels d’offres des municipalités et des agglomérations. Le savoir-faire néerlandais permet de contrôler les coûts tout en respectant les contraintes de temps. 


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