Focus RH

Entretien d’embauche aux Pays-Bas : les différences culturelles à connaître pour recruter

Aux Pays-Bas, le rapport au monde du travail est très différent de celui que l’on connaît en France. 

Il suffit de se rendre dans un supermarché pour s’en rendre compte : en caisse, dans les rayons ou encore en restauration, il n’est pas rare de voir des jeunes de 14 ou 15 ans occuper un emploi à temps partiel. Pour beaucoup de Français, cela peut sembler surprenant. Aux Pays-Bas, c’est complètement normal. 

Ces types de situations font partie de la culture. Travailler jeune est vu comme une façon de devenir autonome, de prendre des responsabilités et d’apprendre très tôt à évoluer dans le monde du travail. 

Ce rapport au travail reflète déjà un décalage culturel entre la France et les Pays-Bas, que l’on retrouve ensuite dans de nombreux aspects de la vie professionnelle, en particulier lors des entretiens d’embauche.

Comprendre les codes culturels pour réussir son recrutement

Recruter aux Pays-Bas ne consiste pas seulement à traduire une offre d’emploi ou à faire passer un entretien en anglais. Cela demande également une compréhension de certains codes culturels parfois très différents de ceux du marché français.

Un candidat qui semble « trop direct », « pas assez formel » ou au contraire « trop personnel » n’est pas nécessairement moins professionnel. Il répond simplement à des attentes culturelles différentes. 

Comprendre ces nuances permet non seulement d’éviter de potentiels malentendus, mais aussi de mieux identifier le potentiel des candidats néerlandais. Dans cet article, nous vous présentons quelques exemples.

Dans cet article, nous vous présentons quelques exemples : 

Une hiérarchie plus horizontale

Comme mentionné précédemment, les Néerlandais découvrent le monde du travail beaucoup plus tôt. Cela peut notamment expliquer pourquoi le rapport hiérarchique n’est pas aussi vertical qu’en France. 

Les responsables échangent régulièrement avec leurs équipes et s’appuient sur leurs retours pour avancer. Cela peut parfois rendre les processus de décision plus longs, mais permet de prendre en compte différents points de vue. 

En entretien, cette horizontalité se reflète dans la manière d’aborder les discussions : les échanges sont plus ouverts et la négociation fait partie intégrante du processus, y compris sur des sujets comme les missions ou les conditions de travail. 

Une communication très directe

La culture néerlandaise valorise énormément la franchise et la transparence. En entretien, les candidats ont donc tendance à exprimer leurs opinions très clairement, parfois de manière plus directe que ce à quoi un recruteur français est habitué. 

Cette communication directe ne doit pas être perçue comme de l’arrogance ou de l’impolitesse. Elle reflète surtout une culture professionnelle où l’efficacité et l’honnêteté priment sur des formulations plus lisses. 

Des réponses trop prudentes, vagues ou diplomatiques peuvent parfois être interprétées par un candidat ou un recruteur néerlandais comme un manque de confiance ou de transparence. 

L’importance du collectif et du consensus

Le travail d’équipe et la recherche de consensus occupent une place très importante dans les entreprises néerlandaises. Un profil très compétitif ou centré uniquement sur ses réussites personnelles peut parfois être moins bien perçu qu’un candidat capable de démontrer son esprit collaboratif. 

Lors d’un entretien, les recruteurs néerlandais cherchent souvent à comprendre comment un candidat interagit avec les autres et gère les désaccords. 

Concrètement, un candidat néerlandais aura donc plus tendance à mettre en avant sa capacité à contribuer au bon fonctionnement de l’équipe plutôt qu’à insister uniquement sur ses réussites individuelles. Mettre trop en avant sa réussite personnelle au détriment du collectif peut en effet être mal perçu. 

L’expérience prévaut sur le diplôme

Aux Pays-Bas, les recruteurs sont beaucoup moins attachés aux diplômes ou aux parcours « linéaires » qu’en France. Les reconversions, les expériences variées ou les trajectoires atypiques sont généralement bien acceptées, à condition qu’elles soient bien expliquées. 

En effet, la capacité à rebondir après un échec professionnel ou une période de doute en dit souvent beaucoup sur un candidat. Prise d’initiative, remise en question, persévérance ou encore résilience sont aussi des qualités intéressantes. 

L’expérience concrète, la capacité d’adaptation et la personnalité du candidat jouent ainsi souvent un rôle plus important que le prestige d’une école ou d’un diplôme. Le parcours académique n’est donc pas perçu comme un critère aussi déterminant qu’en France.

La personnalité et les compétences comportementales

Dans un entretien néerlandais, il est tout à fait courant de parler de ses loisirs, de ses engagements associatifs, de sa famille ou de ses activités en dehors du travail. 

Pour un recruteur français, cela peut parfois sembler inhabituel ou trop personnel. Pourtant, aux Pays-Bas, ces sujets permettent d’évaluer la personnalité du candidat, son équilibre de vie et sa capacité à s’intégrer dans une équipe.  

Il est donc possible qu’un candidat néerlandais aborde des sujets parfois considérés comme peu professionnels en France, mais ce n’est pas un manque de professionnalisme : au contraire. C’est l’opportunité pour le candidat, comme pour le recruteur, de s’assurer que la collaboration pourra fonctionner aussi bien humainement que professionnellement. 

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